• Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ?

    155 pages

    Résumé :
    Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
    Tout  cela un peu  mélangé.  Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible :  « Qu'est-ce qu'ils font ? »
    Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
    Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
    Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
    Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
    Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.


    Critique :
    Ca faisait longtemps que cela n'était pas arrivé mais je crois que je peux qualifier ce livre de coup de coeur. On en a beaucoup entendu parler lors de sa sortie, avec un gros effet médiatique. J'ai quand même réussi à garder le mystère sur le sujet de ce roman, tout en étant très intriguée sur ce qu'il pouvait contenir. Bonne pioche parce que ce bouquin est juste magnifique. Je l'ai lu très rapidement, autant grâce à sa légère épaisseur que à une curiosité dévorante. Au début, j'ai eu du mal à croire qu'un homme puisse être si malchanceux. Est-ce possible de n'avoir non pas un mais deux enfants handicapés ? On lit un cri de douleur et de désespoir. Evidemment une telle histoire n'aurait pas eu tant de succès si l'auteur n'avait pas su comment la raconter. Il a choisit de le faire par un humour noir, acerbe mais qui ne manquera pas de vous plaire. Pourquoi se lamenter ? Fournier est le premier a vouloir en rire et fait même valoir ce droit, de pouvoir rire des handicaps de ses enfants. Cela pourrait paraître choquant mais le lecteur comprend vite que c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour panser ses blessures. Le côté plus dérangeant est, je trouve, de s'immiscer ainsi dans la vie de cet homme et de vouloir en savoir plus. On se sent comme un intru, parmi une famille qu'on ne pourra au fond jamais comprendre. On suit son éclatement, ses drames, mais également ses joies.
    Le texte est très aéré. Aérien même je dirais. Ce livre est un rêve, un peu dramatique, mais plein d'amour.
    En refermant ce livre, il faut espérer que l'auteur ai retrouvé sa voie.


    La phrase de la fin :
    "Ma route se termine en impasse, ma vie finit en cul-de-sac."

    B.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Octobre 2011 à 20:23

    J'en ai entendu parler quelques fois et j'aimerais bien le lire .



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